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La bourse résiste malgré la tourmente

Par Herman Van der Loos - Senior Equity Analyst
Être investi en Bourse n’est pas de tout repos ces derniers mois. Entre hausse des matières premières, explosion des prix de l’énergie, remontée des taux d’intérêt et une guerre en Ukraine, l’investisseur ne sait plus où donner de la tête. Herman van der Loos, analyste financier, tente de relativiser ces différents chocs au moyen de quelques chiffres et recommandations.

Comment peut-on rester optimiste alors que les contextes macroéconomiques et géopolitiques virent au rouge foncé ? Les économistes n’hésitent plus à évoquer un scénario de « stagflation ». En clair, le pire des deux mondes : une stagnation de l’économie couplée à une forte inflation.

Je dois aussi reconnaître que l’environnement macroéconomique n’est pas reluisant. Les plus jeunes ne s’en souviennent pas forcément, mais la période de stagflation n’a pas été la meilleure période économique du siècle précédent. Mais au-delà de l’aspect évidemment dramatique de cette guerre en Ukraine, il faut garder à l’esprit que les bourses occidentales ont plutôt bien résisté depuis l’invasion de ce pays le 24 février dernier :
  • le CAC 40 est à -2,7 %,
  • l’indice AEX à -1 %, l’Eurostoxx 50 est à -2,9 %
  • et le Bel 20, l’indice phare de la Bourse de Bruxelles est même en territoire positif avec +6,1 %.

Voilà pour le constat global, mais il est clair également que tous les secteurs n’ont pas réagi de la même manière au contexte chaotique actuel ?

Bien sûr que non. Par exemple, les entreprises qui ont des activités en Russie ou en Ukraine sont les premières victimes boursières. Je pense au secteur financier, mais aussi à certaines industries ou entreprises comme Renault pour laquelle la Russie est le deuxième marché mondial. Bien entendu, les investisseurs ont joué à fond leur rôle de tri entre les valeurs selon leur exposition aux différents risques. Entre les entreprises très endettées, les entreprises cycliques et défensives, les entreprises capables ou non de répercuter les hausses des coûts sur les clients finaux, la Bourse a fait ses choix. Les gagnants évidents sont les valeurs liées aux prix de l’énergie et des matières premières.

La Bourse n’aime pas les incertitudes, mais ces dernières sont aussi sources d’opportunités.

Vous évoquiez la résilience des Bourses, mais cette résilience exprimée par des indices boursiers qui – rappelons-le sont des moyennes – cache en réalité les différences de performances selon les secteurs, non ?

Exactement ! Les performances sont très hétérogènes et peuvent aller de + 60 % à – 40 % et cela en six semaines de temps à peine ! Par ailleurs, les investisseurs aguerris le savent, la Bourse n’aime pas les incertitudes, mais ces dernières sont aussi sources d’opportunités.
C’est la raison pour laquelle nous sommes à l’achat et/ou au renforcement de valeurs qui ont déjà bien performé, des valeurs que nous pourrions appeler des actions ‘enjoy the ride’ comme :
  • OCI (secteur des fertilisants dont les prix sont à la hausse) ;
  • Sipef (action qui bénéficie de la hausse du prix de l’huile de palme, alternatives comme l’huile de tournesol aussi à la hausse, production 100 % certifiée) ;
  • sans oublier une valeur comme Renewi (société spécialisée dans le traitement des déchets, secteur qui profite indirectement de la hausse des matières premières) ;
  • et l’immobilier logistique.
D’autres valeurs de qualité, mais pourtant récemment pénalisées en bourse, et pour lesquels nous sommes positifs à long terme sont des valeurs cycliques de qualité comme Bekaert et Solvay.
En ce qui concerne l’immobilier papier, nous sommes plus circonspects pour les acteurs actifs dans le secteur « retail » (centres commerciaux, commerces de centre-ville), mais en revanche, nous restons positifs pour l’immobilier lié au secteur de la santé (maisons de repos) ou à la logistique.

Quelle conclusion tirez-vous de cette situation ?

En résumé, oui, nous sommes agréablement surpris par la résistance globale des bourses occidentales et nous pensons que des opportunités d’achat existent ici ou là. Mais encore une fois, je suis ici pour parler de finance, mais il ne s’agit en aucun cas d’oublier la souffrance d’un peuple et nous espérons tous que la paix reviendra vite dans cette partie du monde.

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