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Nos convictions en matière d’allocation d’actifs
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Nos convictions en matière d’allocation d’actifs

Jean-Marc Turin - Head of Fund Management

Alors que les marchés actions enregistrent des gains décents en ce début 2026, une rotation marquée s’opère en profondeur. Les valeurs du secteur des logiciels subissent une pression significative. Même si les résultats trimestriels de sociétés telles que Microsoft et SAP sont fondamentalement solides, leurs cours ont chuté d’environ 30 % depuis novembre.

Les investisseurs craignent de plus en plus que l’IA ne représente une menace existentielle pour les modèles économiques traditionnels des entreprises de logiciels, transformant certains des anciens gagnants de l’IA en perdants apparents.
Comme souvent, les marchés ont tendance à surréagir. Bien que certaines inquiétudes soient justifiées pour des entreprises spécifiques, ces dislocations créent aussi des opportunités attractives. Les mouvements actuels sont amplifiés par la structure du marché : une grande part des volumes de transactions provient désormais des fonds indiciels, hedge funds (fonds spéculatifs) et investisseurs particuliers, des groupes généralement plus sensibles à la dynamique de marché.

Les Etats-Unis

Aux États-Unis, la rotation est clairement visible en comparant le S&P 500 à son équivalent équipondéré. L’indice équipondéré – attribuant 0,2 % à chaque composant – surperforme de plus de 5 % pour la première fois depuis 2022, tandis que les « 7 Fantastiques », qui représentent plus de 30 % du S&P 500, reculent de plus de 7 % depuis le début de l’année. Un schéma similaire se dessine sur les marchés émergents. La dispersion des performances depuis le début de l’année est significative : des marchés comme la Chine et l’Inde sont restés globalement stables, tandis que la Corée, Taïwan et le Brésil ont démarré l’année avec de fortes performances.
Nos portefeuilles naviguent plutôt bien dans cet environnement volatil. L’élargissement des performances de marché était l’une de nos convictions majeures pour 2026, comme souligné dans notre Global Outlook, et nous mettons en oeuvre cette vision via deux leviers principaux. Premièrement, aux États-Unis, nous investissons au-delà des « 7 Fantastiques », notamment via les petites capitalisations, que nous avons renforcées ces derniers mois. Deuxièmement, nous augmentons la diversification hors actions américaines.
Dans l’ensemble, malgré le regain de tensions géopolitiques et des épisodes de revalorisation sectorielle, le contexte reste constructif pour les actifs risqués selon nous. Les perspectives de croissance demeurent résilientes, l’inflation continue de s’atténuer dans les principales régions et les conditions financières restent favorables. Dans ce contexte, le scénario « Boucles d’Or » reste intact et nous maintenons une surpondération en actions.
Aux États-Unis, les perspectives de croissance restent encourageantes, portées par des résultats d’entreprises très robustes et des investissements massifs dans les secteurs liés à l’IA. Si les valorisations américaines se sont légèrement améliorées, elles demeurent élevées par rapport à d’autres régions – principalement en raison de la concentration dans les « 7 Fantastiques » – tandis que les valorisations sur l’ensemble du marché américain semblent plus raisonnables. Dans ce contexte, nous maintenons une stratégie « Barbell » : exposition sélective à la big tech, qui continue d’afficher une forte croissance des bénéfices, tout en équilibrant avec des positions sur les petites et moyennes capitalisations et des stratégies orientées Value.

Les marchés émergents

Les marchés émergents demeurent l’une de nos convictions fortes. Ils offrent actuellement le meilleur des deux mondes : une dynamique bénéficiaire solide et des valorisations encore attractives. Un dollar faible constitue également un soutien. De plus, plusieurs pays émergents occupent une position stratégique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment dans les semi-conducteurs, matériaux et composants essentiels tant au développement de l’IA qu’à la défense. Le Japon a bien performé récemment, mais la majeure partie des gains provient de l’expansion des multiples, ce qui signifie que les valorisations ne sont pas si bon marché. Un yen plus fort pourrait également représenter un risque pour les actions japonaises. Pour ces raisons, nous continuons de privilégier les marchés émergents au détriment du Japon.

L’Europe

L’Europe reste un pilier important de notre allocation actions. Les valorisations demeurent attrayantes en relatif, même si la dynamique bénéficiaire reste plus mitigée. L’incertitude politique persiste comme un vent contraire, mais l’Europe bénéficie aussi de sa faible exposition au secteur technologique, récemment sous pression. Au sein de l’Europe, nous continuons de privilégier les petites et moyennes capitalisations ainsi que les stratégies Value, qui devraient profiter de conditions de financement améliorées et des premiers signes de reprise économique.

Taux et marchés du crédit

Côté obligataire, nous maintenons une préférence pour le crédit investment gradeinvestment grade (IG), qui reste selon nous le segment le plus attractif. Les bilans des entreprises demeurent sains et l’environnement de croissance modérée devrait maintenir les bénéfices bien orientés. Ces dernières semaines, les investissements liés à l’IA ont déclenché une vague d’émissions obligataires chez certains hyperscalers et dans le secteur technologique au sens large. Si le poids du secteur technologique reste modeste dans l’IG, le high yieldhigh yield (HY) et surtout le crédit privé y sont bien plus exposés, un segment à surveiller de près.
Les taux ont légèrement baissé alors que l’inflation continue de reculer et que le marché du travail envoie des signaux mitigés. Aux États-Unis, la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed a apaisé les craintes relatives à des candidats moins conventionnels. Les rendements à long terme ont baissé le mois dernier, éloignant davantage les taux de la « zone de danger » pour les actions. Fait important, la corrélation actions-obligations évolue dans un sens constructif, renforçant le rôle des obligations d’État comme diversifiant efficace de portefeuille.
Enfin, la dette émergente en devise locale reste l’une de nos convictions clés au niveau obrigataire. Ce segment continue d’offrir un portage attractif tandis que les perspectives pour les devises émergentes sont constructives.

Devises

Malgré la vigueur de la dynamique économique américaine, nous restons prudents sur le dollar. La nomination de Kevin Warsh a apporté un soulagement temporaire, mais la diversification hors du dollar se poursuit – illustrée notamment par le régulateur chinois incitant les banques à réduire leur exposition aux bons du Trésor américain.
Le mois dernier, nous avons accru notre exposition au yen japonais, qui reste sous-évalué malgré un resserrement significatif des différentiels de taux avec les autres grandes économies. La victoire écrasante de la Première ministre Sanae Takaichi n’a pas fait baisser le yen, ce qui signifie que de nombreuses mauvaises nouvelles sont déjà intégrées. En cas de regain de volatilité, le yen pourrait bénéficier de flux de rapatriement.
Nous maintenons une position constructive sur le renminbi chinois face au dollar. Pour le franc suisse, nous anticipons une stabilité relative face à l’euro, la Banque nationale suisse (BNS) cherchant probablement à éviter une appréciation excessive tant que l’inflation reste sous sa cible.
Enfin, après une correction saine, nous restons constructifs sur l’or, les moteurs de long terme demeurant inchangés. Les tensions géopolitiques persistantes, la diversification continue des banques centrales et les préoccupations autour de la soutenabilité de la dette souveraine contribuent
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