Monthly House View
17.08.20264 min
Perspectives de marché : quelques opportunités émergent
Après une période de frénésie, le prix de l’or a nettement reculé par rapport à son sommet, offrant un point d’entrée attractif pour les investisseurs de long-terme. Nous restons globalement prudents sur le dollar et avons révisé notre objectif de fin d’année de 1,23 à 1,20. Nous estimons que le yen est fortement sous-évalué et que le dollar australien bénéficie de fondamentaux solides, offrant les meilleurs profils rendement/risque sur le marché des changes.
Après la prise de bénéfices, les fondamentaux de l’or demeurent solides
La forte envolée des prix de l'or en fin d'année dernière a rendu le métal précieux vulnérable à des prises de bénéfices. La correction du prix de l'or depuis lors s'explique par un changement de sentiment, les investisseurs particuliers occidentaux ayant réduit leur exposition. Certaines banques centrales (notamment la Turquie) ont également été contraintes de vendre une partie de leurs réserves d'or afin de défendre leur monnaie face à la guerre en Iran et à la hausse conséquente des prix du pétrole.
Autour de 4 000 dollars l'once, nous pensons que le mouvement de liquidation sur l'or est en grande partie derrière nous. Plus important encore, les forces structurelles soutenant la tendance haussière de l'or n'ont pas changé. La tentative d'affaiblir l'indépendance de la Réserve fédérale (Fed), la fragmentation géopolitique, la diversification des actifs des banques centrales au détriment du dollar américain et le niveau élevé de la dette publique dans les pays développés sont autant de facteurs qui soutiennent l'or.
L'appétit marqué des banques centrales mondiales devrait perdurer alors qu'un nombre record d'entre elles prévoit d'augmenter la part de l'or dans leurs portefeuilles au cours des prochaines années. La Banque populaire de Chine a intensifié ses achats d'or à mesure que le prix baissait.
Un scénario favorable se dessine pour le yen
Délaissé par les marchés, le yen s'échange actuellement à un niveau de sous-évaluation rarement observé. Les stratégies de portage expliquent la faiblesse du yen. Celles-ci consistent à emprunter dans des devises à faible coût de financement comme le yen et investir dans des actifs à rendement plus élevé. En conséquence, le yen fait actuellement l'objet de nombreuses positions vendeuses.
Une hausse des taux d'intérêt à court terme au Japon rendrait ces stratégies de portage moins attractives et pourrait entraîner des mouvements violents sur la devise. Bien que cela ne se soit pas encore produit, tous les ingrédients sont réunis pour une appréciation du yen.
Premièrement, le yen est devenu extrêmement bon marché. Deuxièmement, la Banque du Japon a repris son cycle de relèvement des taux. Nous pensons que d'autres hausses sont à venir, l'économie affichant de bonnes performances, le marché du travail restant très tendu et l'inflation devant dépasser la cible dans les prochains mois.
Troisièmement, à mesure que les taux d'intérêt à long terme deviennent attractifs au Japon, les investisseurs japonais pourraient envisager de rapatrier leur capital, ce qui soutiendrait le yen. Il est néanmoins surprenant que le yen reste délaissé malgré tous ces facteurs favorables. Notre degré de conviction sur la devise reste donc relativement modéré.
Le dollar soutenu par la résilience de l’économie américaine
Nous avons récemment atténué notre prudence sur le dollar face à l'euro et révisé notre objectif de fin d'année de 1,23 à 1,20 pour l'EUR/USD. Les signaux positifs sur l'économie américaine ont soutenu le dollar. En effet, l'économie américaine connaît une phase de reprise cyclique. Les dernières données manufacturières sont encourageantes et le marché du travail a montré des signes de stabilisation ces derniers mois.
Par ailleurs, les premiers commentaires du nouveau président de la Fed ont été favorables au dollar. Kevin Warsh a créé la surprise en réaffirmant avec force le mandat de stabilité des prix de la Fed, dissipant ainsi certaines craintes du marché quant à un relâchement de la lutte contre l'inflation.
Cela étant dit, nous maintenons une approche prudente sur le dollar face à l'euro, car nous pensons que la prochaine décision de la Fed sera une baisse de taux en 2027, alors que le marché anticipe pleinement une hausse de 25 points de base (pb) d'ici la fin de l'année, avec une forte probabilité de nouvelles hausses en 2027. Si le marché converge vers notre scénario plus accommodant sur la Fed, la récente appréciation du dollar devrait s'inverser.
Par ailleurs, les perspectives économiques dans la zone euro se sont stabilisées.
La reprise chinoise et industrielle favorise le dollar australien
Le cycle de reprise des investissements des entreprises constitue un moteur évident pour les prix des métaux industriels, et l'économie australienne qui en dépend fortement. Nous pensons que ce cycle d'investissement devrait se poursuivre, non seulement aux États-Unis, mais aussi à l'échelle mondiale, notamment en Chine. Les importations chinoises ont nettement rebondi depuis le début de l'année, ce qui est de bon augure pour les prix des métaux industriels. Cela devrait soutenir le dollar australien.
Enfin, nous pensons que le franc suisse continuera d'évoluer dans une fourchette étroite face à l'euro, des forces compensatrices importantes étant à l'œuvre sur la devise.





