Monthly House View
04.08.20266 min
Une résilience mise à l'épreuve
Bien que les tensions géopolitiques se soient progressivement apaisées au cours du dernier trimestre, les événements récents ont ravivé un climat d’incertitude ; ce qui maintient les taux d’intérêt sous pression et entraîne une nouvelle hausse de la volatilité sur les marchés d’actions.
Dans ce contexte de perturbations, les fondamentaux macroéconomiques témoignent de la résilience des économies développées, tandis que les investissements massifs dans l’intelligence artificielle continuent de soutenir les marchés boursiers.
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La dynamique illustre la vigueur du cycle d’investissement
Depuis le début de l’année, les marchés d’actions américains ont enregistré des gains substantiels, principalement grâce aux secteurs de la technologie et des semi-conducteurs. Cette dynamique illustre la vigueur du cycle d’investissement dans le domaine de l’IA et le caractère persistant des contraintes d’offre dans certains segments stratégiques.
Bien que ces facteurs constituent la base de solides perspectives de bénéfices, l’ampleur de la hausse des cours et la concentration des performances exigent une gestion disciplinée et sélective, car certaines valorisations reflètent déjà un optimisme marqué. La faible liquidité estivale, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les incertitudes liées à la monétisation de l’IA constituent des risques de consolidation à court terme, qui pourraient, selon nous, offrir des opportunités d’entrée intéressantes.
La saison des résultats devrait être déterminante
Dans ce contexte, la saison des résultats devrait être déterminante et pourrait servir de catalyseur à une nouvelle phase de hausse, dans un climat macroéconomique qui reste globalement favorable.
Compte tenu de la solidité des fondamentaux et des perspectives de croissance des bénéfices, nous restons donc optimistes à l’égard des actions américaines et des thèmes liés à l’IA, en privilégiant une large diversification, notamment via les petites et moyennes capitalisations. Cette dernière catégorie, qui a récemment souffert de la hausse des taux d’intérêt réels, devrait bénéficier d’une économie résiliente et d’éventuelles mesures de relance à l’approche des élections de mi-mandat.
Marchés émergents : des fondamentaux qui restent solides
La concentration des performances est également clairement visible sur les marchés émergents. En Asie, la Corée du Sud et Taïwan sont les pays qui profitent le plus du cycle des semi-conducteurs. Le positionnement désormais très ciblé des investisseurs, combiné à un recours accru à l’effet de levier, appelle toutefois à une prudence e à court terme. La hausse du cours du dollar et les risques climatiques liés au phénomène El Niño pourraient encore accentuer les écarts de performance entre les pays, notamment via l’inflation alimentaire et les perturbations des chaînes d’approvisionnement en Asie du Sud-Est.
Néanmoins, les fondamentaux des marchés émergents restent solides, et une éventuelle correction pourrait offrir une opportunité d’entrée intéressante pour les investisseurs qui s’inscrivent dans une perspective à moyen terme. Enfin, certaines entreprises technologiques asiatiques, notamment chinoises, constituent également des moteurs de croissance au sein des marchés émergents.
Attitude plus prudente vis-à-vis de la zone euro
Nous continuons d’adopter une attitude plus prudente vis-à-vis des marchés d’actions européens. Parmi les points faibles de la zone euro figurent notamment une activité économique fragile et inégale, la dépendance énergétique persistante vis-à-vis des pays du Golfe et la possibilité d’un retour du risque politique au cours du second semestre.
Nous restons toutefois optimistes quant à certains segments, tels que le thème de l’autonomie stratégique (défense, sécurité de la chaîne d’approvisionnement). Par ailleurs, nous sommes favorables aux actions sous-évaluées ainsi qu’au secteur bancaire, qui bénéficie d’un environnement de taux d’intérêt toujours élevés, de la reprise du cycle des fusions-acquisitions et de rendements attractifs.
Marchés des taux et du crédit
Le marché obligataire reste influencé par l’évolution de l’inflation et par l’orientation des politiques monétaire et budgétaire. Dans ce contexte, notre positionnement prudent, caractérisé par une sous-pondération des titres sensibles aux taux d’intérêt, semble toujours approprié. La récente hausse des taux d’intérêt, qui résulte d’une révision des anticipations concernant les taux directeurs, pourrait toutefois offrir des opportunités tactiques pour renforcer nos positions.
Préférence pour les échéances courtes dans la zone euro
Nous continuons donc à privilégier les durations courtes dans la zone euro, tandis que les durationd longues resteront plus volatiles jusqu’à la fin de l’année et plus sensibles aux incertitudes liées à la politique budgétaire et au contexte politique. Aux États-Unis, notre positionnement reste inchangé.
Les taux d’intérêt réels élevés, qui se situent près de leur plus haut niveau depuis vingt ans, rendent toutefois progressivement les obligations d’État attractives. Il convient toutefois de noter que la résilience du cycle d’investissement, portée par l’essor de l’IA, pourrait soutenir la tendance haussière des taux d’intérêt réels.
Le rendement absolu reste attractif
Par ailleurs, nous restons optimistes à l’égard des obligations d’entreprises de haute qualité de la zone euro. Malgré un resserrement des spreads, les rendements absolus restent attractifs, grâce à des fondamentaux solides et à la demande soutenue des investisseurs en quête de rendement. En revanche, nous restons plus prudents vis-à-vis des obligations d’entreprises américaines, où la multiplication des émissions, notamment par les « hyperscalers », incite à la prudence.
Enfin, nous restons optimistes quant aux obligations des marchés émergents libellées en devises locales, qui offrent des opportunités de diversification intéressantes grâce à des taux d’intérêt réels élevés et à un environnement macroéconomique plus stable.
Devises
Nous restons prudents vis-à-vis du dollar américain. La récente hausse de son cours reflète à la fois son statut de valeur refuge, la révision des anticipations concernant la politique monétaire américaine, ainsi que le rétablissement de la crédibilité perçue de la Réserve fédérale.
Des vents contraires attendus pour le dollar à moyen terme
Ce raffermissement ne remet toutefois pas en cause notre vision à moyen terme : à mesure que l’inflation aux États-Unis s’atténue et que le marché anticipe une politique monétaire moins restrictive, le dollar pourrait se heurter à des vents contraires de plus en plus forts. Enfin, la diversification progressive des réserves de change et des investissements internationaux vers des actifs non libellés en dollars reste, selon nous, un facteur de vulnérabilité structurel pour la devise américaine.
Attitude positive vis-à-vis de l’or
Nous restons également optimistes concernant l’or. Ces derniers temps, le métal jaune a dû faire face à la remontée du dollar et à la révision des prévisions concernant les taux d’intérêt américains. Ces facteurs à court terme n’entament toutefois en rien la vigueur des fondamentaux.
L’or continue de trouver un soutien dans la diversification des réserves des banques centrales, les tensions géopolitiques persistantes et le niveau élevé de la dette publique dans les économies développées. La reprise des achats chinois renforce également cette tendance sous-jacente, soutient concrètement la demande et contribue à maintenir les prix à un niveau élevé durable.





