22.01.20263 min
Asie : rééquilibrer, recalibrer, transformer
En 2025, malgré la montée du protectionnisme et l'augmentation des droits de douane, les économies asiatiques ont fait preuve de résilience. Alors que la Chine réoriente sa production et ses marchés vers l'Asie du Sud-Est, la région reste un point central pour naviguer dans la volatilité des politiques commerciales et favoriser une croissance à long terme.
Resserrement du commerce mondial et protectionnisme
En 2025, les États-Unis ont été le moteur de ce changement en imposant des droits de douane élevés sur tous les produits, des importations de base à l'acier, l'aluminium et les semi-conducteurs. Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine ne déboucheront probablement pas sur un accord unique, mais sur plusieurs accords issus de longues négociations. Ce paysage commercial marqué par des droits de douane élevés annonce l'émergence d'un nouveau paradigme qui devrait se prolonger bien au-delà de l'actuelle administration américaine.
La fenêtre de croissance de la Chine
Une brève pause dans les droits de douane américains a donné un coup de pouce aux exportations et à l'industrie manufacturière, mais cet élan s'est estompé dès que les droits de douane ont été rétablis. Les consommateurs américains ont réduit leurs dépenses, ce qui a pesé sur les perspectives de croissance de l'Asie. En 2026, la Chine aura pour tâche de gérer la volatilité, de maintenir la croissance sur la bonne voie et de réorienter sa base de production.
Le 15ème plan quinquennal
Afin de réduire son exposition aux droits de douane américains et à la faiblesse de la demande extérieure, la Chine encourage la production et l'expansion du marché en Asie du Sud-Est. Cela s'inscrit dans le cadre d'une réorientation plus large intégrée à son 15e plan quinquennal. Ce plan vise à renforcer la demande intérieure, à augmenter les salaires, à améliorer les services sociaux et à développer les zones rurales. Il s'appuie fortement sur la « double circulation », ce qui signifie que la Chine souhaite que ses propres consommateurs et ses propres technologies prennent davantage le relais. Le pays dispose de 25 000 milliards de dollars d'épargne des ménages, ce qui lui confère un pouvoir d'achat indéniable.
Des systèmes plus écologiques et des technologies plus intelligentes
La Chine vise à produire davantage de ses propres semi-conducteurs, à promouvoir l'adoption de l'IA et à développer les énergies propres et la modernisation des réseaux électriques. Elle prévoit également de renforcer les contrôles sur les émissions de carbone afin d'atteindre son pic d'émissions en 2030 et la neutralité carbone d'ici 2060.
Problèmes structurels
Malgré les objectifs ambitieux de la Chine, les problèmes structurels persistent. Le déclin démographique, la faiblesse de la demande immobilière et la surcapacité dans des domaines tels que les véhicules électriques et l'énergie solaire continuent de peser sur les perspectives. Les régulateurs réagissent en renforçant la réglementation et en mettant en place des mesures de soutien ciblées. Les baisses de taux seront prudentes afin d'éviter de relancer la spéculation immobilière. La Chine souhaite sortir de cette transition avec une économie plus résiliente et axée sur l'innovation. Pour les investisseurs, cela crée des opportunités dans les secteurs de la technologie, des énergies propres, de la santé et de la consommation, mais cela implique également de prendre en compte les risques politiques et les tensions géopolitiques.
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