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Highlights 2020 : notre bilan de l’année en 5 questions

Par Degroof Petercam - Marketing & Communication Specialist
Suite à notre webinar Highlights de novembre dernier, nos experts ont abordé les questions macroéconomiques, boursières et fiscales les plus marquantes de 2020 et les tendances à venir pour 2021. Découvrez le fruit de leurs réflexions en 5 thèmes.

Une crise exogène... avec la perspective d'une reprise rapide

Tout d’abord, la pandémie du coronavirus ne peut être comparée aux crises précédentes : « Contrairement à la crise de 2008 qui était de nature financière, c’est dans ce cas-ci un choc d’économie réelle qui aura des conséquences financières à long terme », déclare Bruno Colmant, CEO et économiste. Lorsque le virus a éclaté, l'économie mondiale était en plein essor, mais au fur et à mesure de sa propagation, l'offre et la demande ont été bloquées, paralysant la machine économique mondiale. « Une reprise est envisageable en 2022, avant une réelle stabilité à l’horizon 2024-2025. Mais nous n'en sommes pas du tout là ; la reprise n'est pas possible tant que le virus est encore présent ». Raison pour laquelle le vaccin représente la solution, mais ce ne sera pas sans exclure les soucis logistiques.

1. Un nouveau paradigme ?

« Nous vivons une mutation substantielle de l’économie : les banques centrales aident aujourd’hui les Etats à financer leurs dettes publiques qui se creusent pour soutenir l’économie. L’endettement public est donc financé par les banques centrales, et non plus par l’épargne. Comment sortir de l’endettement public ? En réalité, le Etats n’en sortent jamais vraiment, leur dette est en fait perpétuelle. A l’échéance d’une obligation (dette), une autre est émise pour financer cette dernière. Dans ce système, le seul vrai risque, c’est l’inflation qui est une perte de confiance dans la stabilité de l’étalon monétaire en termes de pouvoir d’achat», ajoute Bruno Colmant.

2. De nouvelles taxes en perspective ?

« De nouveaux impôts sur le capital viendraient à l’encontre d’un redémarrage de la croissance économique puisqu’au contraire il faut inciter le capital- risque. Pourtant déjà est sur la table le projet de taxe dit de solidarité sur les comptes-titres de plus d’1 million. Il fait à ce jour l’objet de nombreuses interrogations quant à son contour. », précise Ariane Joris, responsable de l’Estate Planning. Va-t-on vers une refonte en profondeur de la fiscalité à l’impôt des personnes physiques belge ? « L’intention générale de l’accord de gouvernement est de simplifier le système en réduisant les niches fiscales qui se sont accumulées et donc notamment d’harmoniser la fiscalité sur les revenus du patrimoine pour réduire les mécanismes qui visent à trouver la voie la moins imposée. L’une des pistes avancées par le Ministre des Finances à cet égard – en se fondant sur une étude déjà réalisée il y a plusieurs années – consisterait à introduire deux catégories de revenus : l’un revenus professionnels et l’autre revenus patrimoines. Cette dernière catégorie de revenus serait taxée manière globale et harmonisée à un taux fixe moindre que le précompte mobilier en vigueur à ce jour. Des mesures de fiscalité vertes sont envisagées notamment afin que les nouvelles voitures de sociétés soient neutre en carbone d’ici 2026. L’impôt des sociétés qui avait été abaissé sous le précédent gouvernement devrait rester en l’état pour maintenir la compétitivité des entreprises belges. », poursuit-elle.

3. Des tensions sino-américaines plus apaisées ?

Selon Bruno Colmant, « Les rapports seront peut-être plus consensuels avec l’arrivée de Joe Biden, mais ces deux puissances dominantes vont continuer à s’opposer pour la maîtrise des flux commerciaux, et le problème de la dépendance des Etats-Unis par rapport à la Chine subsiste. Restaurer la puissance américaine industrielle et digitale, voilà ce qui attend le nouveau président américain. Garder la prédominance commerciale et monétaire est indispensable pour les Etats-Unis s’ils veulent garder leur niveau de vie (le plus élevé au monde par habitant). La politique de Joe Biden ne sera pas fondamentalement différente de celle de Trump. Il sera plus multilatéraliste, mais pas beaucoup plus protectionniste. »

4. La Bourse est-elle devenue trop chère ?

« Malgré une forte croissance en 2020 sur les marchés, on n’observe toujours pas de réel enthousiasme pour l’investissement en bourse. La prime de risque – qui rémunère pour la volatilité des marchés – est encore suffisamment élevée pour justifier un investissement en bourse. Surtout si, comme on l’anticipe, en 2021 et ensuite, par rattrapage, on devrait assister à un rebond des bénéfices des entreprises », déclare Jérôme van der Bruggen, responsable de la stratégie d’investissement. La reprise annoncée en 2021 pourrait-elle être mauvaise pour la Bourse si elle a pour conséquence la fin des mesures de soutien des banques centrales ? « Nous ne croyons pas à ce pronostic. Toute reprise est bonne pour les actions. D’autant plus pour les bonnes valeurs cycliques (industrie, matières premières, énergie, chimie, etc.) qui ont le plus souffert en 2020. Le jour où la reprise reviendra, l’Europe en bénéficiera davantage que les USA, notamment parce-que ces secteurs y sont plus représentés qu’aux États-Unis. En Europe, le Green Deal qui a pour but de faciliter la transition énergétique pourrait réellement transformer et renouveler le parc industriel européen », renchérit-il.

5. Et après ?

Cette crise a été un véritable stress test pour les entreprises. Un choc sanitaire qui les a forcées à se réinventer. On assiste à ce qu’on peut appeler une anti-révolution industrielle. Au XIXe siècle, le colporteur est devenu un boutiquier. Aujourd’hui, c’est l’inverse : le boutiquier redevient colporteur », déclare Bruno Colmant. En somme, les modes de consommation, la mobilité, le rôle du public et du privé : tout doit être repensé. Comment se réinventer ? « Nous vivons dans un monde en mutation. L’avenir n’est plus stable. L’inattendu peut arriver à tout moment, il faut pouvoir s’y préparer, et cela passera inévitablement par l’intelligence collective », conclut Bruno Colmant.
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