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Introductions en bourse : le marché redémarre

Par Jérôme van der Bruggen - Head of Investments
Bonne nouvelle, les entreprises reviennent à nouveau se financer en bourse. La nouvelle vague d'activité d’introductions en bourse a débuté l’année dernière (deuxième trimestre 2020) et ne s’est pas arrêtée depuis. D’après Dealogic – un fournisseur de données sur les marchés financiers – le volume mondial des introductions en bourse au premier trimestre était de USD 200 milliards, un record ! 
Or, ces dernières années, ce sont surtout les marchés privés (private equity) qui ont permis aux entreprises de se financer. Donc les entreprises levaient de l’argent mais pas en bourse. Est-ce à dire que le marché des introductions en bourse redémarre ?

Que pensez-vous de ceux qui disent que ce marché ne repart qu’en fin de cycle boursier et que c’est un mauvais signe ?

Disons qu’il y a probablement des excès comme dans tout cycle boursier. Pour ma part, je pense que c’est plutôt une bonne nouvelle. La raison ? J’ai toujours pensé qu’un des rôles de la bourse était de permettre aux entreprises de se financer. Je constate aussi que même pendant la période plus calme, certaines entreprises sont tout de même venues se financer en bourse. Bien entendu, on parle beaucoup des spéculateurs très court terme sur les bourses. Mais les mêmes oublient de parler des investisseurs très long terme. L’actualité le démontre, la bourse est parfois le seul endroit où l’on est capable de lever de l’argent à très long terme
Regardez l’exemple de Tesla : cette entreprise n’aurait jamais été financée par les marchés privés. Dans le cas présent, lorsqu’une entreprise a une histoire crédible, elle est capable de trouver une base d’investisseurs très long terme en bourse. Les cyniques que vous évoquez les appellent les « believers ». Peut-être, mais en attendant, « to believe » peut rapporter beaucoup d’argent. Même si comme toujours, il faut rester attentif à ne pas se faire leurrer. 

Récemment Coolblue – le spécialiste de la vente en ligne d’électronique grand public – a décidé de ne pas se financer en bourse. Ses dirigeants ont invoqué des marchés plus volatiles pour expliquer ce repli. N’est-ce pas selon vous, un signe que c’est la fin des introductions en bourse (IPO) ? 

 

Attention aux généralisations hâtives. Coolblue venait chercher beaucoup d’argent (150 millions d’euros), mais les actionnaires existants n’étaient pas prêts à se séparer suffisamment de leur participation, à se « se diluer » comme on dit dans notre jargon. En clair, l’annulation de l’IPO ne concerne ni la qualité de l’entreprise ni la santé des marchés financiers mais semble plutôt liée au cycle de financement propre de l’entreprise. Pour la direction de Coolblue, il semble que ce ne soit pas le moment de venir en bourse : c’est soit trop tard si les actionnaires veulent garder le contrôle, soit trop tôt s’ils veulent en sortir complètement

Sachant cela, quelles sont les perspectives pour le marché maintenant ?

En résumé, nous venons d’évoquer un premier trimestre torride et le deuxième est resté très bon. A l’heure actuelle, nous n’avons pas encore les chiffres des troisièmes et quatrièmes trimestres mais ils devraient être bons si on en croit les résultats des banques qui se spécialisent dans ce type de transactions. Je vous donne quelques exemples récents : Volvo Car en Suède qui cherche EUR 2.5 Md en ce moment ; OVH Groupe en France qui a levé EUR 350m récemment et plus près de chez nous Onward à Bruxelles vient de lever EUR 80m. En d’autres mots, je ne pense pas que ce soit la fin de ce cycle.
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