15.01.20263 min
L’Amérique de Donald Trump reste indispensable : le paradoxe ?
Un an après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le recalibrage de l’économie américaine orchestré par son administration est clair : protectionniste sur le plan commercial, interventionniste sur le plan industriel – et plus récemment militaire.
Pourtant, malgré ces inflexions, les échanges mondiaux restent soutenus, et les États-Unis continuent d’en être le centre névralgique. Ce constat, qui peut paraître paradoxal, reflète la puissance structurelle de l’économie américaine et son rôle incontournable dans les flux commerciaux et financiers internationaux.
Une position économique plus ferme
Depuis début 2025, Washington a imposé des droits de douane sur toute une série de produits afin de protéger son industrie et d'augmenter ses recettes. Si toutes les mesures sont mises en œuvre, le Trésor pourrait engranger environ 300 milliards de dollars par an.
La politique industrielle a également changé. Au lieu de s'appuyer sur des incitants fiscaux, l’administration Trump s'appuie désormais sur la loi sur la sécurité nationale pour prendre des participations minoritaires dans des entreprises stratégiques de secteurs critiques.
Le commerce mondial ne s'effrite pas
Les États-Unis restent un acteur central, non seulement en raison du dollar, mais aussi grâce à leurs entreprises, leur système financier, la taille de leur marché et leur flexibilité. Même avec des barrières plus élevées, les flux commerciaux se maintiennent. L'OMC prévoit une croissance de 2,5 % du commerce des marchandises en 2025 et de 4 % du commerce des services. Les États-Unis représentent toujours environ 13 à 15 % du commerce mondial, car les exportateurs mondiaux ont toujours besoin du marché américain, qui reste inégalé en termes d'échelle et d'appétit.
Le paradoxe de Triffin
Le dollar est impliqué dans environ 89 % des transactions sur le marché des changes. Ce chiffre est encore plus élevé qu'en 2022. Les volumes de transactions ont bondi, en particulier pour les instruments de couverture tels que les contrats à terme et les options. La liquidité et la profondeur des marchés maintiennent le dollar au centre, en particulier pendant les périodes de forte volatilité.
Pourtant, même un dollar dominant peut s'affaiblir. Le paradoxe de Triffin explique pourquoi : lorsque le monde entier dépend de votre monnaie, vous devez en fournir tellement à l'étranger que vous finissez par importer plus que vous n 'exportez. Ces déficits persistants peuvent finir par faire baisser la monnaie au fil du temps.
Pas d'alternatives viables
Certes, le renminbi gagne du terrain, en particulier dans le domaine du financement du commerce, et les banques chinoises détiennent aujourd'hui plus de RMB offshore que jamais. Mais à l'échelle mondiale, il reste peu utilisé. L'euro, le yen, le franc et les cryptomonnaies sont loin de menacer le rôle du dollar.
Un pouvoir structurel durable
Les portefeuilles mondiaux restent fortement investis dans les actifs américains, même si davantage de gestionnaires couvrent désormais leur exposition au dollar. Cette couverture pourrait encore peser sur la devise en 2026.
Même si les États-Unis deviennent plus protectionnistes et plus interventionnistes, leur influence sur l'économie mondiale ne s'est pas affaiblie.
C'est là le paradoxe au cœur de l'économie américaine : même si le pays se replie sur lui-même, il parvient à rester le centre de gravité du monde.
restez informéAbonnez-vous
Abonnez-vous à notre blog
Recevez nos nouveaux articles quand vous le désirez ! Découvrez tout sur l’investissement durable, l’économie, Wealth Management ou la vie des entreprises.






