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Cinq sujets à surveiller en 2021

Par Céline Boulenger - Economist
L'économie mondiale souffre toujours des conséquences économiques de la pandémie, alors que celle-ci est loin d'être maîtrisée. Cependant, cette année pourrait apporter des changements majeurs, certains positifs, d'autres négatifs, principalement par le biais de cinq canaux différents.

1. Déploiement des vaccins

La première question qui reste sans réponse concerne la pandémie elle-même, car nous savons qu'une reprise économique complète ne peut avoir lieu que lorsque le virus est sous contrôle. Et le plus grand espoir de le maîtriser passe par le lancement d'un vaccin. Certains pays ont déjà vacciné une partie de leur population, tandis que d'autres, dont de nombreux pays européens, sont à la traîne. Un vaccin n'est pas une solution miracle, car la majorité de la population doit être vaccinée, et les contraintes de production peuvent entraver le rythme des déploiements, à condition qu'un pourcentage suffisamment important de la population accepte de se faire vacciner. En outre, des problèmes d'approvisionnement se posent pour les pays qui dépendent largement de l'approvisionnement étranger, comme les marchés émergents qui dépendent de COVAX, une initiative multilatérale destinée à garantir un accès juste et équitable à l’échelle mondiale. 2021 devrait être une année de reprise économique mondiale continue, car les restrictions sont lentement levées et les consommateurs commencent à dépenser leurs économies excédentaires. Toutefois, tant que le virus continuera de circuler, l'incertitude restera grande et les ménages prudents.

2. La présidence américaine

Un autre développement à surveiller cette année sera la nouvelle présidence américaine et son impact sur l'économie américaine ainsi que sur les marchés financiers. C’est d'autant plus pertinent que nous savons maintenant que les démocrates auront une majorité, bien que très faible, à la Chambre et au Sénat, ce qui permettra à Biden de mettre en œuvre son programme économique dans les prochains mois et années. Nous pouvons nous attendre à davantage de mesures de relance budgétaire dans les mois à venir, mais les priorités législatives plus ambitieuses de M. Biden, telles que son "Green Deal" et l'augmentation des impôts des riches, devront probablement attendre puisque 60 voix sont nécessaires au Sénat pour que la plupart des lois soient adoptées sans possibilité d'obstruction. L'absence d’une vague bleue signifie que les démocrates resteront limités s'ils veulent faire de grands changements en 2021.
Un autre aspect important sera la relation des États-Unis avec la Chine sans la présence de Donald Trump en tant que leader de la plus grande économie du monde. Bien que M. Biden adoptera probablement une position moins agressive à l'égard de la Chine, sa présidence ne changera pas la donne et les barrières commerciales américaines resteront probablement en place, avec de nouveaux droits de douane possibles sur les industries très polluantes, car M. Biden veut faire de la lutte contre le changement climatique une priorité de son administration.

3. Troisième vague en Europe

De l'autre côté de l'Atlantique, l'Europe est encore au milieu de sa deuxième vague et les experts parlent déjà d'une éventuelle troisième vague. Son incapacité à maîtriser le virus par des mesures de confinement est particulièrement inquiétante pour deux raisons : la lenteur du déploiement des vaccins et la nouvelle variante, plus contagieuse, en provenance du Royaume-Uni. Les répercussions économiques de la pandémie et des mesures de confinement ont été énormes en Europe, même si tous les pays de l'UE n'ont pas été touchés de la même manière. Les dépenses de consommation ne se sont pas encore totalement redressées, le chômage est en hausse malgré les nombreux programmes de travail mis en place, et le secteur des services reste à la traîne par rapport à l'industrie manufacturière. Si les premiers mois de 2021 devraient rester sombres pour les nations de l'UE, les deuxième et troisième trimestres devraient être plus favorables, car le déploiement du vaccin se poursuit et les mois de printemps et d'été contribueront à contenir la propagation du virus.

4. La frénésie des marchés

Hormis les quelques semaines qui ont suivi la première vague de coronavirus, 2020 a été en fait une très bonne année pour les marchés financiers. Il convient de nuancer ici, car ce fut une bonne année pour certains secteurs (grandes technologies, produits pharmaceutiques) et une année difficile pour d'autres (industrie, énergie, finance). Dans l'ensemble, les actions se sont assez bien comportées par rapport à l'économie réelle, et cela est dû en partie à l'intervention massive de la politique monétaire et fiscale. L'année 2021 devrait suivre un schéma similaire, sauf que les industries qui ont connu des difficultés en 2020 pourraient bien mieux se comporter cette fois-ci grâce à l'arrivée d'un vaccin. Le retour de l'appétit du risque des investisseurs pour le risque signifie également que les marchés émergents bénéficieront d'un regain d'intérêt cette année. Si le virus est maîtrisé, les industries qui ont souffert l'année dernière devraient récupérer une grande partie de leurs pertes cette année.

5. Le rôle mondial de la Chine

Si la pandémie a fait des gagnants et des perdants, la Chine se distingue définitivement comme un gagnant. Grâce à son attitude « premier entré, premier sorti », elle fut capable de contrôler la propagation du virus plus rapidement que le reste du monde. L'économie chinoise a récupéré tout ce qu'elle avait perdu au cours du premier semestre 2020 et devrait connaître une croissance rapide l'année prochaine. En outre, les industries d'exportation chinoises ont grandement bénéficié de la pandémie, la Chine étant devenue le fournisseur mondial de fournitures médicales et d'équipements technologiques nécessaires à la lutte contre le Covid et au télétravail. Dans l'ensemble, 2020 a été une bonne année pour la Chine par rapport au reste du monde. Et 2021 devrait être encore meilleure, même si l'arrivée d'un vaccin sera probablement négative à court terme tout en étant positive pour la croissance à long terme. L'épargne en Chine s'est beaucoup accélérée l'année dernière, ce qui signifie que les ménages ont encore une grande marge de manœuvre pour dépenser, et la reprise devrait se poursuivre. Les relations de la Chine avec le reste du monde pourraient être davantage mises sous pression en raison de la pandémie, qui a encore creusé le fossé entre l'Est et l'Ouest. La bataille pour la suprématie mondiale va se poursuivre et l'influence de la Chine sur les nations asiatiques et les autres marchés émergents va probablement encore s'accroître.

En conclusion

  • L'avenir reste incertain, mais ce qui est sûr, c'est que la pandémie a bouleversé le monde, paralysant la plupart des économies et faisant émerger des gagnants et des perdants.
  • Bien qu'elle soit loin d'être terminée, l'année 2021 apporte un certain espoir et des risques à la hausse grâce à l'arrivée d'un vaccin, au début de la présidence de Joe Biden, et à la résistance des marchés financiers ainsi que des revenus des ménages.
  • Ce qui définira véritablement cette année sera le rythme du déploiement du vaccin, sa couverture et son efficacité, car la seule façon de revenir à une certaine normalité est de maîtriser le virus.
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