logo
logo
Se connecter
Nos experts suivent de près les évolutions macro-économiques et les marchés financiers.
Cette fois-ci, c'est (encore) différent
Monthly House View

Cette fois-ci, c'est (encore) différent

Bénédicte Kukla - Chief Strategist
Jean-Marc Turin - Head of Fund Management

Bien que les marchés boursiers réagissent au conflit au Moyen-Orient de manière similaire à celle observée lors de précédents chocs géopolitiques, ce choc énergétique se distingue par les situations de départ très divergentes des différentes économies. Découvrez ce que cela signifie pour nos convictions en matière d'allocation active.

Le récent cessez-le-feu a apaisé les marchés. Cela a éliminé une prime de risque considérable et a repoussé provisoirement le scénario catastrophe. À la mi-avril, la situation reste incertaine, mais les deux parties semblent enclines à la désescalade, tandis que certains indices suggèrent que la Chine exerce discrètement son influence en coulisses.

Des fondamentaux d'entreprise résilients

Bien que l'impact à moyen terme reste incertain, les fondamentaux sous-jacents des entreprises restent solides et justifient une attitude constructive. Les marchés se sont rapidement redressés. Cela rappelle aux investisseurs à quel point il est difficile d'anticiper l'évolution des marchés, surtout lorsque tout dépend d'un seul « tweet ». Il est également important de rester investi.
Pour les actions, le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran est arrivé juste à temps et a, pour l'instant, évité les pires secousses du marché et permis une reprise rapide des actifs risqués. Si ce rebond s'avère durable, le comportement du marché pourrait bien ressembler à celui observé lors d'épisodes géopolitiques antérieurs, où les indices ont généralement atteint leur niveau le plus bas dans le mois qui a suivi les premières corrections avant de remonter.

Un regain de volatilité reste possible

Compte tenu du caractère imprévisible des conflits militaires, un regain de volatilité ne peut toutefois être exclu, surtout si les prix du pétrole remontent fortement. La saison des résultatssaison des résultats du premier trimestre apportera davantage de clarté sur les conséquences des événements récents pour les entreprises.
Jusqu'à présent, les révisions de bénéfices sont restées solides. Mieux encore, elles ont été revues à la hausse, alors même que les valorisations mondiales ont baissé.

Le marché américain profite de l'indépendance énergétique

Aux États-Unis, le marché bénéficie de l'indépendance énergétique, tandis que l'IA continue de stimuler les performances et les bénéfices, la durabilité des flux d'investissement dans ce secteur faisant l'objet d'un examen constant. Les prévisions de croissance économique restent relativement solides et la politique monétaire continue d'apporter son soutien.
Les entreprises américaines de taille moyenne, en particulier, ont surperformé le reste du marché, grâce aux gains de productivité attendus liés à l'IA et aux effets positifs des baisses de taux d'intérêt. Bien que les valorisations restent plus élevées que dans d'autres régions, elles sont plus attractives qu'avant le récent conflit, grâce à l'abondance de liquidités et aux perspectives plus favorables pour les valeurs technologiques.

Avantages de diversification sur les marchés émergents

Les marchés émergents continuent d'offrir des avantages de diversification. Après une période remarquable de surperformance, nous avons réduit notre exposition en mars compte tenu de la dynamique à court terme moins favorable. L'Asie a davantage souffert de la hausse des prix du pétrole et de l'appréciation récente du dollar.
Malgré cela, nos perspectives stratégiques restent positives, soutenues par des fondamentaux solides, une évolution favorable des bénéfices des entreprises et des politiques économiques proactives. Certaines régions et certains thèmes continuent d'offrir des opportunités intéressantes, notamment dans le secteur technologique en Asie et sur les marchés latino-américains, où la demande accrue de matières premières apporte un soutien supplémentaire. En revanche, la dépendance accrue du Japon vis-à-vis des importations d'énergie et la faiblesse de sa monnaie justifient une approche plus prudente.

Perspectives moins optimistes en Europe

En Europe, les perspectives sont devenues moins optimistes. Nous avons donc réduit notre exposition de manière proportionnelle en vendant des petites capitalisations européennes qui nous convainquent moins. Bien que la région ne soit pas confrontée à une récession imminente et qu'il existe encore des opportunités dans les secteurs liés au thème de l'« autonomie stratégique », l'Europe, tout comme le Japon, reste très vulnérable aux chocs énergétiques.
La réouverture du détroit d’Ormuz ne supprime pas la nécessité de reconstituer les stocks d’énergie, et la concurrence asiatique pour les matières premières devrait perdurer. Bien que la croissance des bénéfices soit positive, les révisions à la hausse restent en deçà de celles observées dans d’autres régions. Les valorisations européennes se sont améliorées, bien que dans une moindre mesure que sur d'autres marchés, et les performances des petites et moyennes capitalisations doivent être suivies de près compte tenu du resserrement des conditions financières et des pressions inflationnistes liées à l'énergie.
Plus sur ce thème: