17.09.20265 min
Meet the CEOs @ BEAL International. Un savoir-faire…en béton. Un rayonnement international
Le 16 septembre, une nouvelle édition de Meet the CEOs s'est tenue dans les installations de BEAL International. Cette success story belge a su faire de l'innovation un moteur de croissance et de rayonnement international, en développant un savoir-faire "en béton" dans les revêtements minéraux destinés aux sols, murs, meubles, salles de bains ou encore piscines. Retour sur cette aventure entrepreneuriale aux côtés de Barbara et Kevin Thiry, co-CEOs de BEAL International.
Qu’est-ce qui vous a donné le déclic pour entreprendre ?
Nous sommes nés là-dedans : nos parents étaient déjà entrepreneurs, et nous avons toujours vécu dans cette dynamique. C’est avant tout une passion — pour les produits finis, pour les matières, pour les couleurs, pour le détail — mais aussi une passion pour le travail lui-même, qui n’a jamais été vécu comme une contrainte. Continuer à entreprendre n’a donc jamais été un choix réfléchi : c’est une évidence, et plus largement une véritable manière de vivre.
Comment est née l’idée de votre entreprise, et comment a-t-elle évolué depuis ?
L’idée revient à nos parents. Ils ont d’abord commencé par distribuer des produits techniques spécifiques pour la construction. Puis, au fil des années, ils ont commencé à formuler eux-mêmes des solutions pour répondre à des besoins non couverts par le marché — des « gaps » dans l’offre existante. C’est de cette démarche de recherche et de formulation que sont nés progressivement nos propres produits, dont « Mortex ».
Quels ont été vos plus grands défis à surmonter pour faire grandir votre entreprise ?
Les défis ont été nombreux, mais ce sont aussi souvent des opportunités de faire grandir l’entreprise. Nous avons connu des phases de croissance importantes, qui ont surtout représenté des défis humains : quand l’entreprise grandit, l’entrepreneur suit et évolue avec elle, mais le personnel n’a pas toujours la même ambition. Travailler à flux tendu a aussi été une source de tension et de remise en question permanente.
Le recrutement a été un défi constant, en particulier en Wallonie, où il est difficile de trouver du personnel bilingue : plus de la moitié de nos visiteurs de showroom sont néerlandophones, sans compter la clientèle internationale. Au-delà de la langue, il faut aussi trouver des personnes animées par la même passion pour le produit, ce qui est rare.
Sur le plan du marché, le Covid a bousculé beaucoup de choses, même si nous n’avons jamais interrompu notre production, ne serait-ce qu’une seule heure. Plus récemment, les tensions géopolitiques et les guerres ont fragilisé nos relations commerciales avec plusieurs pays, avec des hausses importantes des coûts de transport et des dévaluations monétaires qui renchérissent nos produits localement. Le contexte politique et économique actuel reste très instable.
Enfin, nos derniers travaux — un investissement de plusieurs millions d’euros — ont représenté un défi majeur : mener un chantier de cette ampleur tout en assurant la continuité de l’activité quotidienne de l’entreprise n’a pas été simple.
Quelles sont les erreurs que vous avez faites et que vous ne referiez plus ?
Nous en avons fait plusieurs. Parfois, c’est de ne pas nous être écoutés assez vite ; parfois, à l’inverse, d’être allés trop vite en nous écoutant trop tôt.
Une autre erreur a été de penser que nous pouvions former du personnel pour développer certains marchés ou conclure certains deals à notre place. En réalité, cette capacité de conviction vient de notre connexion intime et personnelle au produit, vécue depuis toujours — on n’est jamais aussi convaincant que lorsqu’on a soi-même vécu le produit. Nous avons peut-être fait trop confiance en essayant de former des équipes pour reproduire ce que nous faisions naturellement, en nous concentrant sur des tâches demandant moins de passion et de connaissance intime de nos produits. Cela dit, nous avons aussi en interne des personnes qui parviennent à développer des marchés très importants — mais cela reste l’exception plutôt que la norme : ces perles rares ne se trouvent pas à tous les coins de rue.
Quels conseils de gestion donneriez-vous à un start-upper qui débute ?
S’écouter, être résilient et ne pas avoir peur d’être critiqué : il faut savoir accueillir les critiques. Mais il est tout aussi essentiel de séparer clairement vie privée et vie professionnelle, pour prendre du recul et prendre de meilleures décisions. Et surtout, aimer ce que l’on fait : si venir travailler devient une corvée, cela ne sert à rien. Il faut alors identifier ce qui doit changer — dans l’organisation ou ailleurs — pour que le plaisir revienne.
Quelle est votre vision pour l’avenir de votre entreprise ?
Nous venons d’annoncer deux nouveaux produits assez innovants sur le marché des revêtements fins. L’objectif est de conquérir de nouveaux marchés, mais aussi de nous étendre pleinement sur les marchés où nous sommes déjà présents, en nous appuyant sur notre réputation de qualité — une réputation méritée que nous voulons continuer à confirmer à nos clients en leur proposant toujours des produits à la pointe. Les retours que nous avons déjà eus en présentant notre nouveau produit à certaines personnes, qui n’en croyaient pas leurs yeux, sont très prometteurs pour l’avenir. Nous voulons aussi continuer à développer de nouveaux marchés, notamment les États-Unis, où nous avons encore peu investi mais où plusieurs projets sont en cours. Enfin, une digitalisation importante de notre communauté est une priorité, pour rester en contact avec nos applicateurs à travers le monde.
Quel rôle votre entreprise joue-t-elle (ou souhaite-t-elle jouer) dans la société ?
Nos produits sont conçus dès le départ pour limiter le transport et l’utilisation de matière sur place : ce sont des produits neutres, pensés pour réduire les déchets, où l’artisan ne pigmente que la quantité dont il a réellement besoin. Les mêmes poudres peuvent être réutilisées pour tous les types de support.
Nous formons également des applicateurs à de nouveaux métiers — l’application du produit Mortex, du Terrazzo Bealstone — des savoir-faire parfois oubliés, favorisant ainsi l’emploi de main-d’œuvre locale dans les pays où nous vendons nos produits, et ce dans de nombreuses langues.
Nous portons une attention constante aux déchets et aux matières utilisées, en nous approvisionnant dans les pays les plus proches possible. Notre Terrazzo Bealstone, par exemple, est conçu pour être utilisé avec les agrégats locaux. À chaque étape, nous inscrivons notre démarche dans une logique environnementale — et ce bien avant que cela ne devienne une tendance.





