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Monthly Market News

Monthly Market News Mai 2021 – Tendances sur les marchés

Par Johan Gallopyn - Investment Desk Analyst
La hausse de l’inflation aux États-Unis a dominé les marchés financiers en mai. Les rendements obligataires se sont stabilisés et le dollar a poursuivi sa tendance baissière.

Marchés d’actions : les bourses européennes surperforment

Les indices boursiers des grandes régions ont de nouveau clôturé en hausse en monnaie locale au mois de mai, mais pour l’investisseur européen, l’évolution du cours du dollar et du yen a poussé la performance des bourses américaines et japonaises en territoire négatif. Indépendamment de cela, les marchés d’actions européens ont tout de même affiché les meilleures performances du mois. Les marchés émergents se sont également bien comportés, principalement sous l’impulsion de l’Amérique latine.
Plusieurs thèmes ont influencé les bourses. Les marchés américains, en particulier, ont connu un regain de nervosité suite à la publication des chiffres de l’inflation américaine et du débat qui en découle sur le calendrier du démantèlement du programme d’achat d’obligations. Parmi les autres thèmes dominants, citons les négociations entre démocrates et républicains sur le plan d'infrastructure du président Biden, la saison des résultats meilleure que prévu (premier trimestre) aux États-Unis et en Europe et l'accélération de la vaccination en Europe.
Les actions « value » et les actions de croissance ont offert un tableau mitigé. Les actions de croissance ont particulièrement moins bien performé aux États-Unis, en raison de leurs valorisations élevées et des incertitudes autour de la politique de la Réserve fédérale. En Europe, les valeurs cycliques se sont bien comportées, dopées par le mouvement de reprise de l’économie. Les actions bancaires européennes ont fortement progressé durant le mois.

Marchés obligataires : une tendance horizontale s’installe

Les taux des obligations d’État de référence à 10 ans américaines et allemandes n’ont pratiquement pas bougé en mai. Le taux à 10 ans américain a brièvement bondi à 1,7 % après la publication de chiffres d'inflation plus élevés que prévu, avant de se détendre les jours suivants. Depuis début mars, le taux américain à 10 ans oscille grosso modo entre 1,50 % et 1,75 %. La banque centrale américaine continue d’acheter des obligations pour une valeur de 120 milliards de dollars par mois et le marché reste convaincu que le retrait de la politique monétaire accommodante se fera de manière très progressive. Le taux allemand s’est pendant un moment hissé à -0,10 %, son niveau le plus élevé en plus de deux ans. Les spreads des pays du sud de la zone euro se sont légèrement écartés. Mais après les commentaires de certains membres de la BCE, estimant qu’il était encore trop tôt pour envisager une réduction des achats d’obligations, les taux allemands et les spreads se sont à nouveau repliés.
Les spreads des obligations d’entreprise (« investment grade » et « high yield ») sont aussi restés relativement stables le mois dernier.

Banques centrales : la hausse de l'inflation ne fait pas douter les banques centrales

La Réserve fédérale a fait savoir qu'elle n’apporterait aucune modification à sa politique monétaire pour le moment. L’inflation américaine a dépassé 4 % sur une base annuelle, notamment en raison des effets de base. Il y a un an, le cours du pétrole se trouvait encore à un plus bas. La forte hausse observée récemment est donc logique. Mais l’inflation de base américaine a également accéléré, pour atteindre 3 %. La hausse des prix sur le mois d’avril s’observe surtout dans les composantes qui avaient fortement souffert des mesures de confinement liées au Covid (billets d'avion, chambres d'hôtel, location de voiture). Dans ce contexte, la Fed continue de penser que de nombreuses hausses de prix ne seront que temporaires. Aucun coup de frein monétaire ne doit donc être attendu dans l’immédiat. On peut toutefois s’attendre à ce que la Fed commence bientôt à réfléchir au calendrier du démantèlement de son programme d’achat d’obligations. En Europe, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a également fait savoir qu'elle ne modifierait pas sa politique monétaire et qu'elle ne diminuerait pas encore ses achats d'obligations. La politique monétaire de la BCE reste donc inchangée jusqu’à nouvel ordre.

Devises : affaiblissement du dollar américain

Le dollar s’est déprécié par rapport à la plupart des autres devises en mai. La reprise économique est de moins en moins cantonnée aux États-Unis et devient de plus en plus globale. De même, la réouverture graduelle des économies européennes et les chiffres économiques meilleurs que prévu poussent l’euro à la hausse. Le dollar a clôturé le mois de mai à 1,22 vis-à-vis de la monnaie unique, un niveau proche du pic de janvier. La devise américaine a également poursuivi sa tendance baissière par rapport au renminbi durant le mois. La devise chinoise a ainsi atteint son niveau le plus élevé en trois ans vis-à-vis du dollar.
Face à l’affaiblissement du billet vert, les devises des pays émergents se sont globalement bien comportées le mois dernier. Exception faite de la livre turque, qui ne s’est pas encore remise du choc subi en mars et s'est encore repliée en mai.
La forte chute des cryptomonnaies a secoué les investisseurs. Après les critiques formulées par les banques centrales chinoises puis européennes, les cours des principales cryptomonnaies, parmi lesquelles le bitcoin et l'ether, ont dégringolé de plusieurs dizaines de pourcents. Le gouvernement chinois a mis en garde les établissements financiers et de paiement de fournir des services liés aux cryptomonnaies. De plus, le Trésor américain exige désormais que toutes les transactions en bitcoins d’une valeur supérieure à 10 000 dollars soient déclarées à l'IRS, l'administration fiscale américaine, afin de lutter contre l'évasion fiscale.

Matières premières : l'or de nouveau au-dessus de 1 900 dollars

Après les fortes hausses de prix de ces derniers mois, les métaux industriels ont encore gagné du terrain en début de mois. Le cuivre a battu un nouveau record historique, à 10 725 dollars la tonne. La volatilité a ensuite augmenté, ce qui s’explique sans doute par le dénouement de certaines positions spéculatives sur ces matières premières.
Le cours du Brent a progressé en mai, mais ne parvient pas à franchir la barre des 70 dollars le baril depuis mars. Avec la réouverture progressive des économies, les stocks diminuent. Mais un nouvel accord nucléaire avec l'Iran ne serait plus très loin. Or, la levée des sanctions pourrait permettre à l'Iran d’injecter plus d’un million de barils par jour sur le marché (à partir de décembre), selon les prévisions d’analystes qui se basent sur le niveau de production avant les sanctions. Le pays se dit lui-même en mesure de produire beaucoup plus.
L’or a dépassé la barre des 1 900 dollars l’once pour la première fois depuis début janvier. Le métal précieux a ainsi totalement récupéré les pertes qu’il avait subies au printemps. Le cours est soutenu par les investisseurs qui tablent sur une possible accélération de l’inflation américaine et un affaiblissement du dollar. La stabilisation des rendements obligataires américains et le recul du bitcoin jouent également en faveur de l’or.
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