Quand l’IA assoiffe la planète
« Pas de centres de données près de chez moi !». À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, les centres de données, très impopulaires auprès du public, créent une rare unanimité entre candidats républicains et démocrates. En effet, 70 % des Américains seraient hostiles à la construction de centres de données près de chez eux.
L’IA, moteur de croissance à double tranchant
Le paradoxe est saisissant alors que la révolution de l’intelligence artificielle (IA) est en marche et que personne aujourd’hui n’imagine plus sa vie sans un agent comme ChatGPT. Cette vague est si puissante qu’elle relègue au second plan le sujet de la dette croissante des pays développés et contribue désormais à 25 %1 de la croissance américaine, un niveau inédit ! Cela s’accompagne d’une augmentation vertigineuse des dépenses liées à l’IA (logiciels, IT, recherche et développement (R&D), centres de données), qui représentent désormais 8 % du PIB américain1.
Une pression croissante sur l’électricité et l’eau
Concrètement, la Réserve fédérale (FedFed) de Dallas estime que la montée en puissance des centres de données pourrait entraîner une hausse des coûts de l’électricité de 20 % à 50 % d’ici 2028. Cela implique automatiquement des risques liés à l’eau car les installations de production d’électricité ont besoin de milliards de litres d’eau pour produire de l’électricité. Sans compter les centrales nucléaires, qui réchauffent les rivières parce qu’elles utilisent de l’eau pour refroidir leurs équipements et évacuer la chaleur produite et peuvent être contraintes d’arrêter leur fonctionnement lorsque la température devient trop élevée, comme cela a encore été observé en Europe cette année.
2026 s’impose déjà comme une année de records de chaleur pour la planète. D’après Copernicus, le programme européen d’observation de la Terre, les humains n’ont pas connu des températures aussi élevées qu’aujourd’hui depuis, selon toute vraisemblance, au moins 100 000 ans.
Des innovations pour limiter l’empreinte environnementale
Néanmoins le pire n’est jamais certain et la révolution technologique peut apporter des solutions. Citons l’exemple d’une nouvelle start-up française présente cette année au salon de la technologie, VivaTech2 à Paris, qui a dévoilé un procédé révolutionnaire visant à développer des centres de données biologiques à partir d’ADN synthétique, permettant ainsi de réduire considérablement, voire d’éliminer, les enjeux liés à la consommation d’électricité et d’eau. Un véritable changement de paradigme potentiel face à des mégaprojets américains de centres de données comme Stratos, qui devrait s’étendre sur 160 km², soit l’équivalent de la superficie de la principauté du Liechtenstein !
Inflation, taux et marchés : un contexte toujours incertain
Dans un environnement complexe, marqué par les tensions géopolitiques notamment autour du détroit d’Ormuz, l’endettement élevé des États développés, les doutes sur la crédibilité des banques centrales, l’incertitude liée à des échéances électorales comme les élections de mi-mandat aux États-Unis ou l’élection présidentielle française de l’an prochain, sans oublier les catastrophes naturelles liées au réchauffement climatique, les pressions inflationnistes restent orientées à la hausse, poussant ainsi les banques centrales à maintenir, voire relever, leurs taux.
Notre scénario
Dans ce contexte, nous ne prévoyons pas un cycle durable de hausse des taux des principales banques centrales et anticipons une normalisation de l’inflation l’année prochaine. Nous restons constructifs sur le marché actions et pensons que l’environnement reste propice aux opportunités. Plus que jamais, vous pouvez compter sur l’ensemble de nos experts pour vous accompagner.

