Monthly House View
15.07.20263 min
CapEx IA : Pourquoi le financement en bourse a du sens
Une nouvelle vague d'introductions en bourse (IPO) ainsi que la hausse des placements secondaires aux États-Unis ravivent une vieille crainte : l'arrivée de nouvelles actions est-elle le signe que le marché haussier touche à sa fin ?
Le contexte de cette hausse des nouvelles émissions d’actions est le cycle mondial de CapExCapEx. Pimco estime les dépenses cumulées à environ 14 000 milliards de dollars sur cinq ans, dont plus de la moitié consacrée aux infrastructures. Une part significative est liée aux investissements portés par l’intelligence artificielle (IA) — centres de données, semi-conducteurs et systèmes énergétiques soutenant l’infrastructure numérique.
Jusqu’en 2024, les hyperscalershyperscalers finançaient en grande partie cette expansion via les flux de trésorerie internes. Dès 2025, cependant, l’ampleur et l’accélération des besoins d’investissement les ont conduits à solliciter les marchés obligataires. Désormais, en 2026, l’émission d’actions — IPO et placements secondaires — devient un canal de financement de plus en plus important. Ce changement a suscité des inquiétudes chez les investisseurs habitués à une décennie de baisse de l’offre nette d’actions.
La dé‑équitisation touche-t-elle à sa fin ?
Depuis 2005, l’offre nette d’actions a constamment diminué (dé-équitisationdé-équitisation), les rachats, dividendes et fusions-acquisitions dépassant les émissions d’environ 1,2 % par an. Cette réduction du nombre d’actions a significativement soutenu la croissance du bénéfice par action (BPA) et le rendement des fonds propres. À première vue, la résurgence des émissions d’actions pourrait laisser penser à un retournement, mais les chiffres montrent qu’en 2026, les entreprises devraient racheter environ 1 200 milliards de dollars d’actions, contre 225 milliards de dollars attendus des IPO.
L’offre nette d’actions devrait donc, selon nous, rester négative : même si les émissions augmentent, elles sont plus que compensées par la poursuite des rachats. Le soutien structurel de la dé‑équitisation demeure donc, même s’il est marginalement moins puissant qu’à son apogée.
Rendement du cycle d’investissement
Est-ce que ce cycle d’investissement sans précédent sera finalement créateur de valeur ? Plusieurs facteurs suggèrent une réponse positive selon nous.
La demande finale pour l’IA semble robuste et en expansion. La commercialisation des grands modèles de langage (LLM) progresse à un rythme inégalé par les révolutions technologiques précédentes. Anthropic, par exemple, prévoit une croissance de ses revenus jusqu’à 58 milliards de dollars entre juin 2025 et juin 2026, soit presque le double des revenus d’ASML. Cela témoigne d’une large adoption et d’une forte volonté de payer.
Les craintes de surcapacité semblent prématurées. Nous estimons la valeur de remplacement de l’infrastructure de données IA aux États-Unis à environ 2 000 milliards de dollars, contre 6 000 milliards de dollars pour l’infrastructure électrique. L’IA ne représente donc qu’environ un tiers du réseau électrique, ce qui laisse une marge de progression importante pour une croissance parallèle des deux écosystèmes.
Un effet important, souvent négligé, des introductions en bourse est le recyclage du capital. L’émission d’actions ne sert pas uniquement à financer de nouveaux investissements : elle libère également du capital longtemps immobilisé dans les marchés privés. Les produits de ces opérations sont réinvestis dans les actions cotées, de nouvelles entreprises et des actifs financiers.
Conclusion
Pris ensemble, ces éléments suggèrent que le cycle actuel de CapExCapEx n’est pas un excès spéculatif, mais une réponse rationnelle à une demande structurelle. Les entreprises investissent massivement parce que les incitations économiques sont fortes — et de plus en plus visibles.
La résurgence des IPO et des émissions secondaires reflète l’ampleur de l’opportunité d’investissement actuelle, tandis que l’offre nette d’actions continue de diminuer, soutenue par la prédominance des rachats d’actions et des dépenses d’investissement élevées.





