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Ambitions climatiques et neutralité carbone : une opportunité de marché

Par Ophélie Mortier - Responsible Investment Strategist
La neutralité carbone est prévue à horizon 2050. Plus qu’un souhait vague, c’est l’engagement ferme et signé par de nombreux pays dans le cadre des Accords de Paris (COP 21). Après avoir claqué la porte de ces accords sous le règne de Donald Trump, les Etats-Unis, sous l’égide de Joe Biden sont retournés à la table des négociations et se sont aussi engagés à la neutralité carbone pour 2050. La Chine, l’autre grande puissance polluante a fait de même avec en ligne de mire 2060. Ophélie Mortier, en charge des investissements responsables de Degroof Petercam Asset Management (DPAM) nous éclaire sur ces avancées dont l’impact sur le marché boursier n’est pas à négliger.
D’abord, la bonne nouvelle, c’est de constater que les plus grands pollueurs de la planète – Europe, Etats-Unis et Chine – partagent la même volonté d’arriver d’ici quelques décennies à la neutralité carbone. Pour être précis, il s’agit d’arriver à une émission « nette » des gaz à effets de serre pour 2050. Le terme « nette » n’est pas choisi par hasard, car il est clair qu’il sera impossible – dans les délais impartis – d’arriver à une absence totale d’émission de CO2. Sauf à faire usage de mécanisme de captation et de stockage des émissions carbone. D’où justement ce terme « nette » pour nuancer les propos.

Date butoir

Mais hormis cette nuance, la date fatidique de 2050 reste ambitieuse et pose la question du « comment y arriver ? ». Bien entendu, il n’est pas question dans l’esprit des signataires de ces engagements de revivre – artificiellement - un remake de 2020 avec un virus qui a mis à l’arrêt l’ensemble de la planète et enfermé à demeure une bonne partie de la population. Autrement dit, il ne s’agit pas d’arriver à une décroissance des émissions de CO2 via un gel de nos économies et de notre croissance.
En revanche, les 3 pistes pour arriver à cette neutralité carbone sont :
  • Agir sur la consommation énergétique en la réduisant de manière graduelle
  • Verdir la production
  • Développer les capacités techniques de captation et de stockage des émissions de carbone
Bien entendu, face à ces défis, les entreprises sont aux premières loges. Si pendant plusieurs années, ce défi climatique pouvait être ressenti comme une contrainte par certains CEO, voire même une menace sur le modèle économique de certains secteurs polluants, ce n’est plus le cas aujourd’hui. La menace a fait place aux opportunités, mais c’est vrai que ces opportunités nécessitent bien souvent de réinventer le modèle économique de ces secteurs.

Business model à réinventer

Loin d’être théorique, ce changement de « business model » est visible au travers de l’exemple de l’électrification de notre mobilité. L’impact est d’ailleurs mesurable non seulement auprès de l’industrie automobile, mais également auprès des grands groupes pétroliers. Que ce soit Total, BP ou Shell, toutes ces entreprises ont investi dans la production de batteries électriques pour l’industrie automobile ou dans des programmes d’e-mobility. La réinvention en cours de ces sociétés montre bien qu’elles ont aujourd’hui une vision holistique de leur business et non plus en silos comme c’était le cas par le passé.

Plans de relance

D’autres secteurs agissent dans la même direction. C’est le cas de l’entreprise allemande RWE, critiquée auparavant pour sa production d’électricité polluante, et qui a aujourd’hui revu complètement son modèle économique. La preuve ? Elle n’a pas hésité à s’investir dans le renouvelable et plus récemment dans un projet d’hydrogène en partenariat avec Shell.
Par ailleurs, il est clair que cette volonté affichée de réduire drastiquement les émissions de CO2 à horizon de 2050 sera favorisée par les différents plans de relance mis en place aux Etats-Unis et en Europe. La plupart de ces plans ont d’ailleurs une fort composante liée à la transition énergétique. Sous l’impulsion de Joe Biden, les Etats-Unis vont par exemple moderniser leur réseau électrique et construire 500.000 stations publiques de recharge pour les voitures électriques. La Chine n’est pas en reste non plus. Son objectif ? Faire en sorte que la part du marché automobile électrique soit de 20 % à horizon… 2025 contre seulement 1 à 2 % aujourd’hui. L’ambition est là. Elle est mondiale. Et elle est favorisée par les plans de relance. Que demander de plus ?
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