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Opportunités d’investissement dans les services financiers : la révolution des paiements électroniques (2/2)

Par Eros Portillo Spetaliere - Buy-side Equity Analyst
Nous avons vu au cours d’une précédente vidéo (hyperlink) que le rôle traditionnel des banques - rôle d’intermédiation ou d’octroi de crédit - est de plus en plus mis à mal dans l'environnement actuel des faibles taux d'intérêt. Nous avons pu remarquer qu’une des solutions envisagées par le secteur est de développer leur activité de paiements.

L’activité de paiement électronique est un bon relais de croissance pour le secteur financier. Mais le problème pour les banques, c’est que ces activités de paiement – et en particulier le paiement par carte – attirent beaucoup l'attention de l'espace Fintech.  N’est-ce pas un danger ?

J’aimerais tout d’abord rappeler le poids de cette industrie des paiements par carte. C’est une industrie gigantesque dont la valeur est évaluée à 34 000 milliards de dollars, soit 40 % de l’économie mondiale. Pour mettre les choses en perspective, vous devez garder à l’esprit que chaque seconde, 22.500 paiement sont traités dans le monde par cette industrie !  Et cerise sur le gâteau, ce secteur a bénéficié d’un taux de croissance annuel d’un peu plus de 10 % par an ces dernières années.

C’est énorme en effet. Comment expliquez-vous cette croissance impressionnante ?

Pour deux raisons :
  •  Les achats de consommation croissent plus au moins en ligne avec la croissance de l’économie mondiale. Les deux vont donc de pair. 
  • L’essor du commerce électronique supporte également les paiements par carte ou digitaux. C’est une tendance visible quasiment à l’œil nu, depuis plusieurs année les paiements en liquide sont remplacés de manière progressive en paiement par carte.

L’effet des nouvelles technologies ?

Sans aucun doute. En effet, l’un des facteurs explicatifs est l’essor du paiement sans contact qui facilite grandement l’utilisation de sa carte puisque qu’il ne faut plus entrer aussi souvent sont code PIN.  Et puis, cet outil a connu également une énorme envolée avec la crise de la  COVID-19 pour des mesures d’hygiène. Bref, tout cela a accéléré la transition vers les paiements électroniques. N’oublions pas non plus les changements générationnels pouvant également en partie expliquer ce phénomène. Les jeunes semblent moins attachés aux paiements en liquide.

Vu de la sorte, faire un paiement avec sa carte bancaire semble un acte anodin. En réalité, cet acte simple et quotidien requiert la coopération de plusieurs intervenant en l’espace de seulement quelques secondes pour approuver ou refuser une transaction. 

Vous avez raison. L’acte anodin cache une grande complexité et l’interaction de plusieurs acteurs :
  • 1. Le premier intervenant est la société d’acquisition de paiement qui connecte le commerçant au réseau de paiement tel que celui de Visa ou Mastercard et transmet les données du paiement dans ces réseaux. Les acteurs dans ce domaine sont soit des banques soit des sociétés spécialisées dans le paiement tel que Worldline, Adyen ou encore Paypal.  
  • 2. Le deuxième intervenant est la société possédant le réseau de paiement. Je viens d’évoquer Visa et Mastercard pour les réseaux internationaux mais il existe également des réseaux domestiques tel que Bancontact en Belgique. Pour filer la métaphore, nous pouvons comparer ces réseaux à des » autoroutes » dédiés aux paiements électroniques. 
  • 3. Le dernier intervenant est la banque émettrice de la carte utilisée pour effectuer le paiement qui a pour rôle d’approuver ou non le paiement (comme le montre ce graphique ci-dessous).

En apparence, ces paiements semblent anodins et gratuits, mais c’est une erreur d’optique ?

C’est un bon résumé. Quand on paie quelque chose avec sa carte bancaire, nous avons souvent l’impression que le paiement ne nous coûte rien. Naturellement, il n’en est rien et un paiement coûte toujours de l’argent. Parfois même beaucoup d’argent (pour certains types de paiement et certains types de commerçant et pour certains zone géographique), mais au final, c’est le commerçant qui prend en charge ce coût. Libre à lui de répercuter ce coût à ses clients au niveau de ses prix.

Que retenir de cette activité de « paiement électronique » sur le plan de l’investissement ?

D’abord, savoir que même si elles ont perdu des parts de marché, les banques restent encore aujourd’hui des acteurs importants du monde du paiement. Pour une raison très simple, ce sont encore elles qui émettent le plus de cartes de débit et de crédit au monde. Dans le domaine de l’acquisition de paiement les banque sont également de gros acteurs mais cette activité requiert de très nombreux investissements technologiques. En d’autres mots, ces investissements ne sont pas à la portée de toutes les banques. 
Ceci a deux effets principaux sur le marché des paiements. 
  • Primo, les banques perdent des parts de marché face aux société spécialisée dont nous venons parler. 
  • Secundo, les banques signent de plus en plus de partenariats avec ces sociétés spécialisée dans le paiement ou décident de leur vendre leur activité d’acquisition de paiement. 

Quelle est votre conclusion ?

Je dirais que le marché des paiements par carte est un secteur intéressant qui bénéficie d’un levier de croissance fort et structurel. Les banques sont encore d’importants acteurs dans ce marché mais la tendance est là : elles perdent petit à petit leur position face à des sociétés plus spécialisées et parfois plus innovantes.
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